VIE ET DESTIN- D’après Vassili Grossman
Liberté et soumission. À chaque jour, à chaque heure il fallait lutter pour le droit d’être un homme.
A propos
Du mercredi 8 janvier 2025 au lundi 27 janvier 2025
VIE ET DESTIN (Liberté et soumission)
D’après Vassili Grossman
Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman
Ce fut en 1960 un manuscrit « arrêté » par le KGB. C’est aujourd’hui un des plus grands romans de la littérature mondiale, œuvre de vérité sur les régimes soviétique et nazi. Brigitte Jaques-Wajeman et ses neuf interprètes le traversent en auscultant la tension entre liberté et soumission.Grossman nous aide à comprendre ce qui se passe aujourd’hui même, sous nos yeux..
Distribution : Collaboration artistique: François Regnault
Traduction : A. Berelowitsch, A. Coldefy-Faucard
Lumières: N. Faucheux -Scénographie et costumes : C. de La Coste
Avec : Pascal Bekkar, Pauline Bolcatto, Raphaèle Bouchard, Sophie Daull, Timothée Lepeltier, Pierre-Stefan Montagnier, Aurore Paris, Bertrand Pazos, Thibault Perrenoud
Quel regard portez-vous sur le roman de Vassili Grossman ?
Brigitte Jaques-Wajeman : Ce roman exceptionnel achèvé en 1960, censuré en Union Soviétique, publié en Occident en 1980, déploie une des réflexions les plus belles et les plus lucides que j’ai lues sur le XXe siècle, sur la violence et l’horreur de ce siècle, sur le fait que les idéologies qui l’ont traversé ont toutes engendré des régimes de terreur, y compris celles qui se revendiquaient émancipatrices.
Grossman interroge l’avènement du pire à partir du thème de la soumission. Pourquoi les gens deviennent-ils aveugles sur les régimes qu’ils défendent ? Jusqu’où l’homme peut-il résister face à la terreur ? L’analyse que Grossman développe est extraordinaire.
Débutant avec la Bataille de Stalingrad, le roman est centré sur le personnage de Victor Strum, physicien spécialiste du nucléaire, et sa famille, victimes des nazis comme du pouvoir soviétique. Tout en éclairant leurs différences et leur affrontement, l’auteur met en miroir les deux régimes totalitaires, qui ont en commun la peur, la délation, la volonté de bâtir un homme nouveau, et des millions de morts.
La terreur est utilisée comme moyen de transformer l’État en idole. En Russie, l’histoire montre que la prise de pouvoir par Lénine en octobre 1917 avait déjà détruit les fondements d’une démocratie éventuelle.
Comment apparaît le sujet de la minorité juive dans ce roman que Vassili Grossman a dédié à sa mère, assassinée par les nazis en tant que juive ?
BJW : La mère de Strum lui écrit une dernière lettre du ghetto de Berditchev en Ukraine – où naquit Grossman, où fut assassinée sa propre mère en 1941.
Cette lettre, Strum la porte sur son cœur pendant toute la guerre. La question des juifs, exterminés par les nazis, persécutés par le pouvoir soviétique, est essentielle dans le roman. Grossman, écrivain mais aussi journaliste qui documenta la Shoah, s’adresse à notre humanité. « L’histoire des hommes n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L’histoire de l’homme c’est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d’humanité» le roman déploie une réflexion d’une rare puissance qui aide à comprendre le monde.( » Propos recueillis par Agnès Santi »)
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Informations pratiques
Adresse : Théâtre de la Ville-les Abbesses – 31 rue des Abbesses-Paris 75018:
Horaires : à 19h30, le 18 à 15h, relâche les 11, 17, 24 et 25. Tél : 01 42 74 22 77.
EN LIBRAIRIE :Confisqué par le KGB pendant 20 ans, le manuscrit de Vie et Destin a été introduit clandestinement en Occident où sa publication, en 1980,
en pleine guerre froide a été un événement majeur.
Une nouvelle édition, enrichie de matériel (cartes, chronologie, liste de personnages) est parue en 2023 aux éditions Calmann-Levy et est disponible à la librairie du Théâtre de la Ville.
Visuels :© Collection privée Febor Guber –