Victoria SHERSHEVSKAYA – Chanteuse – Pianiste
paris-moscou.com a rencontré Victoria Shereshevskaya lors de son récital de chant aux Piano Folies 2026
P-M . Vous êtes la fille de Rena Shereshevskaya, illustre pédagogue qui prépare le candidats aux grands concours de piano et qui a formé tant de pianistes de tout premier plan.
Ce soir, le public vous a applaudi dans un récital de chant : cette discipline vous est-elle plus proche que celle du piano?
V-S. Je suis avant tout pianiste, j’ai été formée par ma mère : durant ma formation j’ai aussi travaillé, avec F-R Duchable et d’autres pianistes. J’enseigne le piano : j’ai été, entre autre, professeur durant 8 ans à L’École Normale de Musique Paris-A.Cortot, toutefois je me sens plus heureuse lorsque je chante plutôt que lorsque je joue et en fait ma véritable vocation est le chant. que j’ai aussi travaillé avec Vladimir Tchernov à l’école Normale de Musique
J’ai enregistré mon premier disque de chant en 2023.
Salle Cortot j’ai participé au concert « Autour de Boulez et Chostakovitch » avec « Le Marteau sans Maître » de Boulez et les « Sept chansons sur des poèmes d’A. Blok. » de Chostakovitch.
P-M .Vous avez présenté ce soir un programme composé en majorité de mélodies et seulement d’un seul air d’opéra (« La Pucelle d’Orléans » de P Tchaïkovsky) préférez- vous les mélodies plutôt que les airs d’opéra ?
V-S. J’ai chanté des opéras (Lola dans Cavaleria Rusticana de Mascagni) etc. mais les opéras laissent une place plus grande à l’étendue, la puissance de la voix tandis que la mélodie doit consister en une symbiose étroite entre la ligne musicale et le texte; de plus l’opéra prend plus de temps à l’extérieur à cause des répétitions et des tournées. Mon fils ainé m’a confié avoir souffert de mes absences, je ne veux pas que ma fille, beaucoup plus jeune, puisse en souffrir également.
P-M. Ce soir votre programme présentait un programme orignal : des mélodies en français et en allemand. Ce sont deux langues qui sont plus difficiles quant à la voix surtout le français à cause des nasales.
V-S. Bien sûr cela ne porte pas la voix comme les langues où dominent les voyelles comme l’italien où le russe mais je ne dirai pas que l’allemand présente des difficultés particulières dans ce domaine.
En ce qui concerne la composition du programme c’est effectivement la première fois que je le présente, il est intéressant de varier ce que l’on propose au public.
P-M. Quelle est votre approche lorsque vous travaillez une mélodie ?
V-S. De même que le chant, tout instrument possède sa respiration, ainsi que les oeuvres elles-mêmes : les Sonates de Mozart en sont un exemple évident, sans parler de Rachmaninoff dont on ne doit pas noyer la mélodie du piano sous un déluge de notes. Chopin, quant à lui chantait des airs d’opéra !
Mon travail concernant les mélodies consiste à étudier minutieusement le texte sans la mélodie. Je copie les textes dans un cahier destiné à cet usage.
P-M. Votre mère intervient elle dans cette démarche?
V-S. Oui, avec beaucoup d’attention : par exemple, bien que ne parlant pas l’allemand, elle veut arriver à comprendre le texte d’une mélodie ou même le sens d’un mot par la nuance, l’intensité ou l’émotion que je lui confère.
P-M. Quelle est l’oeuvre que vous aimez particulièrement ?
V-S. Je vous répondrai ce qu’à dit Rostropovitch lorsqu’on lui a posé la même question :
« Celle que je suis en train de jouer » !
P-M. Excellente réponse ! Nous vous remercions de nous avoir consacré ce temps d’autant plus qu’une autre destination vous attend déjà.