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Du 15/09/2022 au 23/10/2022

Vania / Vania ou le démon de la destruction d’après Anton Tchekhov

A propos

du  15 septembre au 23 octobre 2022

Vania / Vania ou le démon de la destruction d’après Anton Tchekhov

En confrontant Le Génie des bois et Oncle Vania de Tchekhov, une troisième histoire se révèle. Celle des mouvements intimes de l’âme de son auteur.
Pour mettre en jeu ce cheminement, oublions Tchekhov. Imaginons un couple
de scénaristes qui s’isolent pour écrire « Vania ». Ils se complètent, se contredisent, réécrivent des scènes.

L’imagination gagne, les murs s’écartent. Les personnages prennent corps. Tant bien que mal, l’écriture avance jusqu’au point de rupture : Vania doit-il mourir ? Les divergences sont trop fortes, chacun écrira sa fin.(…)

Tchekhov a écrit deux versions d’une même œuvre, Le Génie des bois puis, dix ans plus tard Oncle Vania. Chacune ausculte notre rapport à la vie, à l’amour, nos ressentiments,nos blessures, nos lassitudes. Chacune est hantée par ce que Tchekhov appelle « le démon de la destruction », ce désir d’en finir avec lequel nous luttons constamment. Si les récits présentent des ressemblances évidentes, les fins, elles, sont radicalement différentes : dans la première, Vania se suicide et tout va mieux, le médecin enlace sa jeune amoureuse sous un flamboyant ciel d’incendie qui sévit au loin, image d’amour et de combativité ; dans la  seconde, Vania se rate et tout finit dans le désespoir et l’amertume.
Vania et sa nièce restés seuls dans la maison
se remettent compulsivement au travail, résolus à endurer jusqu’à leur mort.
On est pris de vertige : le suicide du malheu
reux conduit à une résolution heureuse. Dans cet écart réside une dramaturgie aussi passionnante que les pièces elles-mêmes.

Faut- passage à l’acte ? Faut-il le sacrifice du bouc émissaire ? Comment rendre compte de la richesse propre à chacune des œuvres et
en même temps donner à voir le passage de
l’une à l’autre, véritable bande témoin des mouvements d’une âme trop sensible ?
Le
rêve, c’est de faire entendre les deux pièces en une seule et de traduire l’effet du temps qui passe sur nos forces et nos espoirs.
C’est ce vertige qui m’a conduit à pen
ser une adaptation en forme de jeu.
Un couple d’auteurs écrit à quatre mains un
nouveau scénario : Le Démon de la destruction. Ils sont d’accord sur les grandes lignes
mais chacun a sa vision. Au gré de ce jeu des
versions se déploie le pouvoir de l’imagination… une fiction quantique en quelque sorte.
Le bureau exigu qui sert de décor est peu à
peu envahi par les personnages dont les contours se dessinent de plus en plus nettement ; les murs s’écartent et se dissipent.Nos deux auteurs sont peu à peu immergés–submergés dans leur propre histoire,nous laissant face à la nôtre.(Clément Poirée)

INVITATIONS entre le 15 et le 22 Septembre 2022

Distribution

Mise en scène  : Clément Poirée
Avec :
John Arnold – Moustafa Benaïbout – Louise Coldefy – Elsa Guedj -Thilbault Lacroix – Matthieu Marie – Emmanuelle Ramu – Tadié Tuéné
Adaptation et Montage : M.Benaïbout, L.Coldefy, C.Poirée
Collaboration Artistique: P. Labib-Lamour  – Scénographie : E;Creff
Lumières : G.Tesson – Costumes : H. Sjödin Musique et son : S;Gibert – Maquillages : P; Bry-Martin – Décor : Le Lapin Atelier

Informations pratiques

Adresse :Théâtre de la Tempête Cartoucherie – Route du Champ-de-Manœuvre 75012 ParisInfos/Réservations  www.la-tempete.frTel : 01 43 28 36 36
Accès : métro ligne 1 jusqu’au terminus Château de Vincennes (sortie 6), puis bus 112 ou navette Cartoucherie

Représentations :
du 15 sept. au 23 oct. 2022 -Salle Serreau-du mardi au samedi 20 h – dimanche 16 h – durée : 2 h 30