SALUT ! CA VA?
UN ANNIVERSAIRE SUBLIME!
A propos
«Chers amis,
«J’ai deux amours
Mon pays et Paris
Par eux toujours
Mon cœur est ravi»
Ces paroles me viennent parfois à l’esprit aux moments où je réfléchis sur la place de mon être dans cet univers… La préparation du numéro spécial consacré au 170e l’anniversaire de ma ville de Blagovechtchensk m’a offert beaucoup de moments particuliers remplissant mon cœur de ravissement car sur ses pages ils se rencontrent, « mon pays et Paris ».
Ce sont des rencontres étonnantes faites bien avant nous, dans les méandres de l’histoire, sur les rives lointaines de l’Amour et dans les salons animés de la capitale française. Ce numéro anniversaire en est le reflet doux.
En effet, notre lien n’est pas une simple coïncidence. C’est un lien mémoriel, comme l’écrit si justement l’historienne Tatiana Teluk dans son enquête sur les Français à Blagovechtchensk du XIXe siècle. Le fondateur de notre ville, le comte Nikolaï Mouraviev-Amourski, un explorateur dont le destin était tissé de légendes, a vécu ses dernières années dans la Ville Lumière. Son épouse, Ekaterina, était une Française, Elisabeth Bourgeois de Richemont. Leur histoire est celle d’un amour qui a traversé les continents et les tempêtes, unissant deux mondes qui semblaient si éloignés.
Et quel destin plus extraordinaire que celui de Lise Cristiani, une jeune violoncelliste parisienne qui, au milieu du XIXe siècle, osa braver tous les dangers pour accomplir un voyage inouï en compagnie du gouverneur Mouraviev-Amourski : parcourir les étendues glacées de la Sibérie et s’enfoncer avec son Stradivarius jusqu’aux confins du Kamtchatka ? Que cherchait-elle ? L’aventure, peut-être, ou la beauté d’un pays sauvage.
Ce numéro offre également un témoignage unique : les mémoires inédites du général Konstantin N. Khagondokov, dernier gouverneur militaire de la région de l’Amour sous l’Empire russe. Ces souvenirs, traduits pour la première fois en français, sont un cadeau précieux de la part d’Arkadi Bellini Hagondokoff qui partage avec nous les archives de sa famille.
Les articles de ce numéro racontent aussi comment les Français – commerçants, photographes, entrepreneurs, voyageurs – sont venus s’installer ici, apportant avec eux leur savoir-faire et leur culture. On y trouve même l’écho lointain d’un comte à tête de tigre, né dans l’imagination d’une artiste argentine, preuve que les mythes d’ici peuvent voyager et inspirer bien au-delà de nos frontières.
Aujourd’hui, ce pont continue d’être entretenu. À Blagovechtchensk, des écoliers chantent en français, des étudiants se passionnent pour la littérature de Saint-Exupéry, des chercheurs explorent les archives de nos bibliothèques. À Paris, comme dans toute la France, les Français nous font part, eux aussi, de leur amour pour notre culture et nos peuples.
La revue « Salut ! Ça va ? », que vous tenez entre les mains, est elle-même un acte d’amour, un trait d’union entre les cultures qui s’admirent.
Bonne lecture, et joyeux anniversaire, Blagovechtchensk
Francophilement vôtres,
Olga Kukharenko et « Salut ! Ça va ? »