Récital : Matthias Goerne et Daniil Trifonov
Un triptyque schubertien
Dépouillement extrême, rêve halluciné, exquise beauté
A propos
Lundi 23 Mars 2026 à 20h
Récital : Matthias Goerne , baryton – Daniil Trifonov , piano (Durée : environ 1h15)
Programme : Franz Schubert : Le Voyage d’hiver

Le Voyage d’hiver est l’une des œuvres favorites de Matthias Goerne. C’est avec elle qu’il ouvre un triptyque schubertien partagé avec Daniil Trifonov, lui aussi familier du compositeur. Leçon de chant, de poésie et de vie.
Diction lumineuse, intelligence du texte, beauté de la ligne, profondeur du sentiment. L’anthologie de lieder schubertiens enregistrée par le baryton allemand entre 2007 et 2014 en fait une référence de leur interprétation d’aujourd’hui. Les vingt-quatre soliloques du Voyage d’hiver composés en 1827 sur des poèmes de Wilhelm Müller y tiennent une place de choix.
« Cela se passe au-delà du langage, dans le tissage entre les mots et la musique. Je ne connais aucune pièce au monde qui ait cette force », confie Matthias Goerne. Mélancolie et solitude y inspirent dépouillement extrême, rêve halluciné, exquise beauté. Dans cette compréhension intime de l’âme romantique et de l’écriture schubertienne, les deux interprètes conduisent aux confins du silence.
——————————————————–
25 mars 2026 à 20h
La Belle Meunièrecroise les thèmes schubertiens de l’amour, de la solitude, de l’invitation au voyage, de la nature et de la mort.
Matthias Goerne et Daniil Trifonov touchent au plus près la fragilité humaine, dans une parfaite justesse de ton.
La situation initiale pourrait amorcer un mélodrame sentimental : un jeune meunier s’éprend d’une belle meunière, plus sensible au charme viril d’un chasseur.
Mais avec Schubert, le sentiment amoureux marque la vulnérabilité et la finitude de l’être. Les vingt saynètes de La Belle Meunière, adossées, comme Le Voyage d’hiver, à des poèmes de Wilhelm Müller, engagent, au miroir de la nature, une quête tout arquée vers la mort.
Le baryton allemand Matthias Goerne, l’une des plus grandes voix contemporaines du lied germanique, et le pianiste russe Daniil Trifonov, à qui Schubert confie une écriture ondoyante prémonitoire du drame final, incarnent toutes les nuances de ce récit délicieusement autocentré. Avec une sobriété de ton et un naturel saisissants.
———————————————–
27 mars à 20h
Le Chant du cygne n’est envisagé par Schubert ni comme un cycle ni comme un testament. Il rassemble en un même recueil, constitué et édité post mortem sous un titre apocryphe, les dernières pages écrites par un compositeur qui se sait condamné par la maladie. Son art n’en est que plus intense. Des quatorze lieder, les plus connus – Le Pigeon voyageur, Sérénade, Adieu – ramènent à la lumière les leitmotive poétiques chers au compositeur : voyage, éloignement, amour, nostalgie, rêve amoureux. L’une des rares sonates de Schubert à avoir connu la publication du vivant de son auteur, la Sonate pour piano en sol majeur D 894 représente le couronnement de la trilogie de 1825-1826 à laquelle appartiennent également les Sonates en la mineur D 845 et en ré majeur D 850. La sol majeur emporta d’ailleurs les enthousiasmes dès sa parution, et compta parmi les œuvres favorites des cadets de Schubert, tels Liszt, qui la compara à un « poème virgilien », ou Schumann, qui la considérait comme « la plus parfaite de toutes quant à l’esprit et à la forme ».
.
Informations pratiques
Adresse : Philharmonie de Paris : 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris – Grande salle Pierre Boulez
(Crédit photosMatthias Goerne © Marie Staggat)